
Loin des clichés de la grande fête des arts, l’écriture est avant tout un travail solitaire. Seul face à sa page, on choisit un fil rouge, des mots, une structure, des personnages, des rebondissements. Alors que les paragraphes s’enchaînent, on prend des décisions, on couche sur le papier nos fantaisies ou nos obsessions de forme, ou de fond. On fait naître des décors, on convoque des souvenirs. Cet aspect de l’écriture peut se révéler un magnifique terrain de liberté, un temps privilégié entre soi, une concentration minutieuse, une immersion salvatrice. Mais tellement solitaire. Pour celles et ceux qui aiment partager l’intensité de leur passion, il faudra d’abord travailler en silence, lire et relire.
Quand partager ses écrits ? Parfois, lorsque le travail accompli nous paraît avancé, lorsque nous sentons que nous tenons quelque chose, il peut être tentant de partager son œuvre. Or, tant que l’œuvre n’est pas mature, que sa cohérence n’a pas été mise à l’épreuve des relectures de l’auteur, il serait délicat de la porter auprès d’un public : recueillir des commentaires sur une œuvre destinée à être modifiée peut déstabiliser les écrivains qui se lancent. Remettre en question les directions prises. Faire douter. Il est donc recommandé d’achever une première version de cette nouvelle ou de ce recueil de poèmes avant de les partager. Selon le temps que l’on a à consacrer à l’écriture, cette maturité ne pourrait arriver que au bout de quelques mois. Ne nous cachons rien, il est parfois difficile de résister.
En attendant, que peut-on faire pour partager sa passion ? Comme pour toutes les passions, il s’agit de trouver des personnes ou tribus qui partagent la même envie de coucher sur le papier une histoire. Ces tribus existent déjà. Des forums d’écrivains fédèrent les apprentis écrivains ou les plus confirmés. Sur ces plateformes d’auteurs, il est possible de dévoiler un premier chapitre, ou simplement poser quelques questions pratiques lorsque son écriture se trouve dans une impasse : L’Atelier des Auteurs, Wattpad, WeLoveWords (en désuétude). Ces plateformes sont équivalentes à des réseaux sociaux, qui mettent en relation les auteurs, et permettent de recueillir des expériences, des commentaires sur des bouts de textes partagés. Une autre solution, est de rejoindre un atelier d’écriture (oh wait, des ateliers comme ceux que j’anime ?). En groupe, il peut être intéressant de travailler son écriture, de faire des expérimentations et de partager le résultat de ses essais.
L’avantage d’être en relation avec des écrivains aspirants ou confirmés est de côtoyer des personnes engagées dans le même chemin que vous. Mi auteur, mi-public, ces personnes pourraient vous inspirer, vous encourager, porter un regard lucide sur votre style, souligner vos forces, attendre avec impatience la nouvelle version d’un texte que vous auriez partagé. Le travail d’écriture est un chemin tellement personnel que vous ne pouvez pas avoir pensé à tous les moyens d’avancer ou de progresser. Etre en relation avec des personnes différentes, avec des parcours divers pourraient vous donner envie d’essayer de nouvelles choses. Pour ma part, j’ai intégré certaines pratiques d’écrivains aspirants croisés dans ses ateliers d’écriture, car ils avaient trouvé une bien meilleure façon que moi d’exprimer une ambiance que je cherchais depuis quelques temps déjà. Je faisais des phrases trop longues pour ce que je voulais exprimer, certains écrivaient des phrases de un mot, et leurs textes étaient convaincants. Hop, adopté.
Donc, oui, le travail d’écriture est un travail solitaire, mais cela ne vous empêche pas d’être en relation avec d’autres passionnés, et de partager avec eux vos méthodes ou de vous inspirer des leurs.

Cc ça te dirai de faire un écrit en commun en mettant nos points de vue ? J’ai beaucoup d’inspiration
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