
J’ai la conviction que chacun, chacune a le droit et la possibilité d’écrire. Un stylo, un papier, et go. D’accord. Une fois franchis les obstacles de l’illégitimité, l’in-publicabilité et de l’incompétence (cf ce billet), une question se pose rapidement. Comment se mettre en route ? Voici 3 pistes, que l’on explore dans mes ateliers d’écriture, de manière légère, puisque le but, c’est quand même de passer à l’action plutôt que de trop longtemps réfléchir.
Pourquoi j’écris ? Ecrire sous injonction, sans motivation ou envie explicite ne fonctionne pas très bien. On tourne en rond, on rajuste sans arrêt, on change d’avis, on manque de cap, et on finit par se dire ça n’est pas pour moi. Il est donc intéressant d’identifier sa vraie motivation. Est-ce que je veux écrire parce que j’ai l’intuition d’avoir un truc à dire ? Est-ce que je veux écrire pour épater quelqu’un-e en particulier ? Est-ce que je veux écrire pour satisfaire mon ego, qui me susurre à l’oreille que tu es une winneuse, ou un winner, et que tu peux tout faire ? Est-ce que je veux écrire juste pour le fun et la découverte du processus, faire le parcours complet de penser et produire une œuvre ? Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise raison, il y a juste une motivation, ou des motivations – le combo « j’ai un truc à dire, et, je veux me prouver que je peux le faire » étant ma cible préférée pour mes ateliers, merci de vous signaler à l’accueil 🙂
Ecrire sur quoi ? Soit vous avez déjà votre sujet en tête parce que, par exemple, le milieu des cavaliers et des courses hippiques vous a toujours botté (ha ha, cavalier, bottes, botté, tu l’as ?). Ou alors, vous avez juste envie de jouer avec les mots, et là, rien de plus facile : vous pouvez écrire sur tout. Sur tout ce qui vous interpelle. Un orage sur une plage bondée de touriste, que se passe-t-il ? Un quai de gare, que se disent les gens ? Un lever de soleil sur un lac de montagne, comment change la nature ? Et là, je ne vous parle que de sujet lié à notre monde réel. Si notre monde n’est pas assez riche, injuste, beau ou novateur pour vous, vous pouvez en inventer un, changer les paramètres de conditions de vie, d’apparence des humains, faire des brèches dans l’espace temps ou même imaginer que l’univers n’existe pas. Bref. Suivez votre curiosité, ou votre malice. Et lancez-vous.
Comment et quand écrire ? Alors. Exit les recettes miracles des écrivains célèbres. Les dingos des 500 mots par jour, des écritures de l’aube à midi avec 10 pompes toutes les heures. Nous sommes des êtres ayant des sensibilités différentes, et des notions de discipline très variable, il n’y a pas vraiment de recette universelle pour savoir comment ou quand se mettre à écrire. C’est à vous de trouver votre formule de confort. Ecrire dans une voiture entre deux rendez-vous ? Ecrire le matin lorsque les autres dorment ? Se bloquer trois heures pendant le week-end, qu’il neige ou qu’il vente ? S’isoler dans une chambre d’hôtel ou dans la maison familiale une semaine complète ? Sous alcool, à jeun ? Entouré ou dans le silence. Ce qui est certain, c’est qu’il est intéressant d’écrire régulièrement dans un premier temps, disons, plusieurs fois par semaine et dans des situations différentes, pour que votre cadre idéal pour écrire se dessine peu à peu.
Répondre à ces quelques questions, de manière personnelle et sincère vous aidera sans aucun doute à vous mettre en route sur le chemin de l’écriture. Nous verrons dans un billet prochain les principaux blocages des écrivains-aspirants.
